Amsterdam est une ville, une capitale sans pareille: un peu déjantée et moins bruyante que beaucoup. Samedi dernier Eric et moi sommes allés l’explorer et nous sommes tombés sous son charme une fois de plus. Il y a une dizaine d’années, nous l’avions visitée un soir d’hiver sous la pluie. Les canaux et les péniches m’avaient apparu un peu débraillés, comme apres un lendemain de fête. Les rues étrangement silencieuses, exceptés pour le passage excité de quelques piétons ou cyclistes, avaient remis en question ma notion que les grandes villes doivent être bruyantes et épuisantes. Cette fois-ci, Amsterdam était pleine de vie, de gens faisant des courses ou du tourisme. Nous sommes arrivés à la Gare Centrale, un monument de briques rouges magnifique qui pourrait rivaliser le Musée d’Orsay dans son genre. Sur la grande rue, Damrak, nous avons déjeuné dans un grill argentin, le premier trouvé. Hors il est apparu qu’il existe des grills argentins pratiquement à chaque coin de rue. Ensuite nous nous sommes dirigés vers la grande place :le Dam. Une foire foraine cachait partiellement le Palais Royal. Etant née enfant de la république, j’ai trouvé ça plutôt sympa. Amsterdam ne se prend pas trop au sérieux, comprend les complexités de la nature humaine et ainsi cultive la tolérance. Cela rend ainsi le lèche-vitrines beaucoup plus intéressant : près d’un magasin vendant des costumes à la coupe anglaise impeccable se trouve un sex-shop, et la vitrine affichant un menu incroyable de graines de cannabis côtoie sans problèmes celle qui vante une grande variété de broderies et écheveaux. Et partout on peut apprécier les mêmes clichés : les canaux, les bicyclettes. Nous avons trouvé un marché de bulbes et de fleurs au choix extraordinaire le long d’un canal. Mais le marché aux puces, rencontré en fin d’après-midi, était en train de remballer. Malgré son charme presque désuet, Amsterdam est aussi très cosmopolite. Ainsi avons-nous acheté des livres anglais à l’American Book Center, après avoir rassuré la vendeuse qu’ Eric votait bien dans les élections américaines. Et nous n’avons même pas essayé de résister à la tentation lorsque nous sommes passés près d’une chocolaterie italienne : Puccini. Et fort heureusement, car leurs chocolats, au poivre et à la liqueur, étaient extraordinaires. Ensuite nous nous sommes trouvés par hasard dans une rue chinoise où nous avons dégusté, quoi d’autre, une pizza, d’ailleurs tout à fait convenable, en écoutant les discours inintelligibles et bruyants de jeunes hommes hollandais. Nous sommes rentrés, fatigués, ayant jute commencé à explorer Amsterdam. Mais Amersfoort n’est qu’à une demi-heure par train et Eric parle souvent avec une petite lueur dans les yeux des « coffee shops » d’Amsterdam.

Retour au Centre de Soi-Même.
La vie s’exprime dans le mouvement et pourtant nous résistons souvent ce flot naturel. Les complexités créées par notre façon de vivre « civilisée » nous enlisent souvent dans la confusion. Et pourtant avoir l’esprit en paix est remarquablement simple : Il suffit de savoir lâcher prise et de retourner vers la joie de vivre qui est le droit naturel de tout enfant (y compris l’enfant intérieur de l’adulte). Au-delà des demandes opprimantes de l’intellect, se trouvent la voix de la sagesse et le pouvoir mystérieux de la création. Seuls les sentiments nous aiguillent avec certitude, de leur pouvoir mercuriel, vers le bonheur, la plénitude et l’extase. (Et il ne s’agit pas là de paradis artificiels, quels qu’ils soient : drogue, religion, ou autres dépendances, bien qu’on puisse parfois les utiliser en chemin). La vie est simple et fiable dans sa complexité glorieuse : Ne pas se battre contre le courant, mais au contraire apprécier ses changements; ne pas juger, mais aimer plutôt la variété de son expression. Etre triste ou en colère si c’est inévitable, mais apprendre à retourner rapidement au Centre de son Etre et de sa joie inépuisable.

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