12/12/2008

Max La Menace devient néerlandaise





Notre petite voiture parisienne, une Smart ForTwo écologique (construite par Mercedez Benz), que nous avions baptisée Maxi, diminutif de Maxwell Smart (Max La Menace en français, nom inspirée d’une série comique sur les espions des années soixante), est maintenant légalement néerlandaise.

Cela a été un long et dur chemin pour y arriver, plein de suspense, et de messages codés (probablement en néerlandais) qui nous ont fréquemment laissés aussi mystifiés que Max la Menace.

Les Néerlandais ont apparemment trouvé le modèle bureaucratique français à leur goût, probablement lors que l’incorrigible Napoléon avait mis son frère Louis sur le trône hollandais. Ajoutons à cette bureaucratie les innombrables lois de l’union européenne et nous avons du théâtre que Kafka apprécierait.

Scène 1

(La très moderne Stathuis d’Amersfoort, Utrecht, Pays-Bas. Eté 2008. Samedi matin)

(Acteurs : Eric et moi et un jeune bureaucrate sympa, et sa jolie stagiaire blonde)

Bureaucrate (avec accent hollandais) : « Voici une copie de votre application pour votre permis de conduire néerlandais. Et votre passeport suédois. Vous savez, il n’est plus valide : il est déchiré. Mais je l’ai quand même utilisé. Nous gardons votre permis de conduire français bien sûr. Mais vous devriez recevoir votre permis de conduire rapidement : dans quinze jours environ. »

Eric : « Super. Donc je peux utiliser cette copie de mon application pour conduire en attendant ? »

Bureaucrate : « Oh, non. Vous ne pouvez plus conduire. Pas avant de recevoir votre permis de conduire. »

Eric et moi (entre la panique et le fou-rire) : « Comment ça, je (il) ne peux pas conduire ! Nous sommes venus en voiture ! »

Bureaucrate (d’une manière qui en dit long) : «En principe, vous ne pouvez pas conduire. »

Scène 2

(Heureusement, Eric, toujours préparé, a un deuxième permis de conduire. Il avait renouvelé son permis de conduire américain lorsque nous habitions dans le Massachusetts. Et nous voilà de nouveau sur la route, lorsque des lumières clignotantes nous alertent que quelque chose ne va pas : la police nous poursuit !)

Moi : « Je suis sûre que ce n’est rien. »

Eric : « Je ne sais pas. Cela pourrait être sérieux. J’aurais dû m’occuper de toutes ces formalités avant. Mais je n’ai pas eu le temps. »

Moi (disparaissant derrière un énorme bouquet de fleurs, acheté au marché) : « Oh, oh. »

Femme policier (la quarantaine, en uniforme, accent hollandais) à Eric qui est sorti de la voiture : « Police des douanes. C’est votre voiture ? Je peux voir vos papiers ? »

Moi (toujours cachée derrière les fleurs) : « Je peux sortir de la voiture ? »

Femme policier (interloquée) : « Bien sûr. »

Moi : « Nous habitions en Amérique avant. »

Eric : « On ne peut pas sortir de la voiture là-bas. Quelqu’un pourrait se faire flinguer. »

Homme policier (la quarantaine, en uniforme, accent hollandais) : « Oh les belles fleurs ! »

Moi : « Est-ce que nous devrons payer une taxe d’importation ? »

Femme policier : « Je ne sais pas. Téléphonez à mon chef lundi et il vous donnera tous les détails. »

Homme policier (revenant de sa voiture) : « Si seulement nous étions mieux équipés ! »

Femme policier : « Voilà le numéro de mon chef. Passez un bon week-end. »

Homme policier : « J’adore vos fleurs. »


Scène 3

(Quelques semaines plus tard, après beaucoup de paperasserie (dieu merci pour Google Translate), moi, m’installant dans le train pour aller à l’aéroport. Je sors mon téléphone portable. L’homme impeccable aux cheveux longs et à l’air béat assis un peu plus loin avec sa jolie femme perd soudain tout son soleil intérieur.)

Moi : « Hello, Eric ? Tu es bien arrivé à la préfecture ? Ca va ? »

Moi : « Comment ça va mal ? Je ne t’entends pas très bien. Qu’est-ce qui se passe ? »

Moi : « Tu ne trouves pas les papiers de la voiture ? »

Moi : « Et bien quelle matinée ! D’abord Maxi ne veut pas démarrer et tu as dû appeler le club automobile et maintenant ça ! Tu peux peut-être retourner plus tard dans la journée ? »

Moi : « Non ? Tu as bien dit que tu as le numéro 22 sur 25? Mais il n’est pas encore dix heures ! Enfin bonne chance ! »

Moi (me détendant au début de mon long voyage vers la France et pensant en mon for intérieur) : « Ce compartiment est vraiment cool. Les Néerlandais ont un style super. Les fenêtres sont gravées avec des expressions en plusieurs langues : Silence ; Stilte ; Ruhe ; Silence… »

Moi (voyant la signalisation au-dessus des portes glissantes : Pas de téléphones portables. Silence) : « Oh, Zut ! ! »

(Je m’excuserais bien, en toute sincérité, surtout auprès du type New Age, mais il fait garder le silence !)


Scène 4

(Quelques semaines plus tard et après beaucoup de paperasserie (Dieu merci il y a Google Translate). Le magasin très moderne du concessionnaire Smart-Mercedez-Benz. Samedi matin)

(Acteurs : Eric et moi et un jeune vendeur vêtu d’un costume de couleur foncée à rayures, avec des cheveux bruns, ondulants et brillants. Accent hollandais)

Vendeur : « Nous pouvons nous occuper des plaques d’immatriculation. Aucun problème. Et des papiers d’assurance. Aucun problème. Non, aux Pays-Bas, ce n’est pas possible de posséder une voiture en commun. Non nous n’avons pas d’assurance sur le conducteur. Aux Pays-Bas, nous donnons de l’argent aux gens qui ne peuvent pas travailler. »

(Un autre vendeur vêtu d’un costume foncé, et qui a exactement la même coiffure, approche et les deux vendeurs commencent une long discussion sur la meilleure façon d’arnaquer la femme souriante qui attend pour acheter une nouvelle Mercedez. Ceci est bien sûr purement un préjugé de ma part, car je ne comprends rien.)

Vendeur : « Désolé. Vous pouvez laisser votre voiture ici et la reprendre mardi. Aucun problème. Mais oui, nous sommes ouverts cet après-midi. Jusqu’à 17 heures. Nous sommes aux Pays-Bas. »

Eric : « Je pensais regarder les Mercedez. Ce serait pour une voiture de fonction… »

Vendeur : « Aucun problème. »



Et c’est ainsi qu’un après-midi froid et pluvieux, notre petite Maxwell Smart (affectueusement appelé Maxi) est devenu néerlandaise.


Morale de l’histoire : Un problème prend l’ampleur de notre impatience ou anxiété. Patience, petite sauterelle, patience. Et persévérance.


Après tout, si Maxi a pu grimper jusqu’en haut de la montagne dans les alpes (photo ci-dessus) qu’est-ce qu’un petit détour dans le marasme de la Réalité ?




19/11/2008

Chez Nous: Home Sweet Basilica


Notre immeuble sur Laan Der Hoven (Avenue des cours) s'appelle Basilica (en francais Basilique)

Une basilique est un bâtiment couvert, lieu de réunion civil ouvert au public. Elle est un édifice d’inspiration grecque qui apparaît au IIe siècle av. J.-C. D’abord utilisée pour désigner une salle de réunion, elle est surtout connue comme un type particulier d’église, soit du point de vue architectural, soit dans un sens canonique (religieux).

À partir du IVe siècle, les Romains ont construit des basiliques spécialement réservées pour le culte chrétien. C'est cette dernière forme qui a perduré jusqu'à nos jours. Ce type d'édifice pouvait suppléer le forum en cas d'intempéries.*

*d'apres Wikipedia





Ce quartier de Kattenbroek s'appelle Wintertuin (Jardins d'hiver) et de ce cote de Laan Der Hoven, chaque immeuble a un nom decrivant l'immeuble et le genre de serre qui sert de partie commune. Par exemple: Rainbow Station, Crystal palace, Jardin des Plantes (en francais)...



Salon


Cuisine


Vue de la cuisine sur la terrace



La terrace pres du toit de la serre



L'amarylis miraculeuse qui vient d'ouvrir son troisieme bouton. En tout cela fera 16 fleurs!!! (Avec vue de la fenetre de la chambre sur Laan Der Hoven)


Le sens de "home" est de se trouver bien chez soi, c'est en fait trouver en soi-meme un sentiment ou tout est familier et aime. "Home" est pour chacun quelque chose de different...

18/11/2008

Sinterklaas arrive!






Dimanche matin, j’ai tout de suite su que quelque chose de merveilleux allait arriver. Je me trouve souvent à regarder les infos au bon moment pour voir un événement important se dérouler « en live » : La chute du mur de Berlin à la Deutsche Welle ; et celle de la statue de Saddam Hussein à Baghdad à la BBC ; le discours de victoire d’Obama sur CNN… Et maintenant l’arrivée de Sinterklaas et de son fidèle serviteur Zwarte Piet au port d’Almere, près d’Amsterdam sur Nederland 1 TV. D’accord, d’accord, apparemment, cela arrive tous les ans, mais quand même ! Donc, j’ai regardé avec bonheur la foule d’enfants à l’attente le long du port, les interviews des pêcheurs qui revenaient sans avoir rien vu, et finalement l’arrivée du rafiot à vapeur, avec à bord, le saint majestueux dans son habit rouge et doré d’évêque, et ses aides noirs aux habits colorés qui saluaient la foule joyeusement, le malheureux délai du bateau lorsqu’il s’est enlisé sur une barre de sable, la panique qui s’est déclenchée par peur pour le chargement de cadeaux, et finalement l’arrivée triomphale et la procession du saint à cheval à travers des rues pleines d’enfants. Je pourrais facilement prétendre que je faisais de la recherche anthropologique, et que c’était là une opportunité unique d’observer la culture néerlandaise qui a une telle affection pour ses enfants. Mais la gamine que je suis encore dans mon for intérieur, criait avec les autres enfants : « hurrah ! ».

Ah, au fait, Saint Nicolas, un saint d’origine turque, qui vient chaque année d’ Espagne pour apporter des cadeaux aux enfants qui le méritent la veille de la Saint Nicolas, le 5 décembre, est aussi le patron saint des marins, des prêteurs sur gages, des prostituées et des voleurs. Ainsi va la légende.



Est-ce que nous enseignons à nos enfants que la vie est magique et qu' ensuite nous nous empressons malheureusement de l’oublier ?

11/11/2008

Espoir et Liberté

« …Oui, nous le pouvons. Un homme a débarqué sur la Lune, un mur s'est effondré à Berlin, une communication mondiale s'est instaurée par notre science et notre imagination. Et cette année, en cette élection, (une femme) a touché du doigt un écran d'ordinateur pour voter, car après 106 ans de vie parmi nous, après avoir vécu dans les temps les meilleurs comme aux heures les plus sombres, elle sait exactement comment notre pays peut se transformer. Oui, nous le pouvons… » Barack Obama, president elu des U.S.A.


Mercredi dernier, nous nous sommes réveillés dans une nouvelle ère. Debout juste à temps pour assister sur CNN au discours d’Obama à Grant Park, j’aurais voulu être dans la foule, ou avec mes amis américains en Indiana (où incroyablement ce bastion « republican » a voté pour Obama), ou avec mes amis américains expatriés à Paris (qui avaient, certains d’entre eux, travaillé durement pour élire ce président). Mais Eric et moi étaient seuls à boire un espresso en guise de célébration. Nous avons regardé, les yeux brillants d’espoir et d’émotion, un homme intelligent et visionnaire parler au monde entier (et non seulement aux américains) de paix et d’unité. Quelle différence avec les élections précédentes. Nous n’en croyions pas nos yeux alors. Tout alla de mal en pis : le pays perdit tout sens critique et une réelle liberté d’expression. Quelle différence aussi avec mon arrivée en Amérique, il y a 36 ans. J’étais alors une jeune étudiante idéaliste rapidement confrontée à la dure réalité du racisme et de la bigoterie. J’ai perdu confiance dans les systèmes politiques dans ma jeunesse, mais même aux lendemains plus sobres de cette élection, je trouve toujours l’espoir bien vivant. Des millions d’hommes et de femmes ont rêvé d’un monde de justice et de paix et ces rêves-là se reflètent dans ceux d’Obama. Il représente l’archétype du Magicien qui allume une lumière a l’intérieur des autres et les laisse chercher leur propre grandeur tout autant que la sienne. Le vieil archétype du Roi qui règne en dictateur se dissout. Un nouveau mythe est né.
Plus tard dans la journée, j’ai parlé au propriétaire de l’appartement, un homme d’affaires néerlandais sympathique qui travaille dans le bureau en bas. Il m’a parlé de l’importance de faire quelque chose dans notre propre environnement, et de la tolérance qu’il faut exercer lorsque l’on est confronté à la violence raciale, comme il était arrivé justement ce jour-là quelque part en hollande. Dans la soirée, nous avons aussi parlé à quelqu’un dans un « coffee shop » et ce jeune homme espérait que le tiers-monde serait finalement mieux entendu. Après cela, nous avons marché dans les rues calmes et obscures et je me sentais toute bizarre. L’effet de la Margarita bue en célébration était pourtant bien passé. Non c’était tout simplement le fait de sentir libre et heureuse.

28/10/2008

Le Fiestscafe

Imaginez un groupe d’amis, une douzaine d’entre eux, qui s’apprêtent à sortir pour prendre un verre ensemble. Mais pour une raison connue seulement d’eux-mêmes, ils décident de faire du self-service. L’un d’entre eux, celui qui possède la main la plus sûre fera office de barman. Comme ils vont prendre de l’alcool, de la bière en fait, l’un d’entre eux ne boira pas car il conduira. Cela pourrait bien être celui qui souffre déjà d’une gueule de bois. Et le reste de la compagnie va boire et s’amuser, en criant, chantant et trinquant à la vie et ses plaisirs. Mais, ils vont faire tout ceci en pédalant à travers les rues de la ville.
Et voici pourquoi, il y a quelques semaines, une étrange machine hollandaise est apparue soudainement devant moi au milieu d’une rue remplie de badauds un samedi matin. J’étais tellement prise par surprise que j’en ai complètement oublié l ‘appareil photo dans mon sac à dos. Puis l’étonnante machine a disparu au coin de la rue, Eric est sorti du magasin où il faisait des courses et j’ai essayé de lui expliquer que j’avais vu un bar étrange, à roues, avec des gens assis sur des tabourets autour de ce bar et qui buvaient et pédalaient. Hmmm…. Si vous avez du mal à vous représenter ça, cliquer sur ces liens :

http://www.linternaute.com/voyage/belgique/bruxelles/photo/83530/fietscafe-ou-cafe-velo/impression/

http://blogs.takepart.com/2008/09/02/fietscafe-a-mobile-pedal-pub-takes-to-the-streets-of-amsterdam/


Selon la phrase immortelle de « Auntie Mame » (jouée par Rosalind Russell et dans une reprise par Lucille Ball) sur le grand écran, « La vie est un banquet, et la plupart des pauvres bougres se laissent mourir de faim. Mais il faut vivre, vivre, vivre ! »

23/10/2008

Escapade a Utrecht

Lundi dernier, tout d'un coup, j'ai decide de visiter Utrecht, une ville a un quart d'heure d'Amersfoort par le train. C'est la qu'Eric travaille en ce moment.





Faire confiance a ses impulsions mene souvent a de tres bonnes aventures.


J'ai pris un cappuccino a la terrace d'un cafe avec une tres belle vue (c'etait un ancien theatre). Je suis allee dans cinq librairies. Tout ce qui me plait...


Et juste comme je terminais d'essayer des vetements, Eric m'a appele pour dire qu'il terminait son travail. Parfait.

21/10/2008

Amsterdam Capital Fun





Amsterdam est une ville, une capitale sans pareille: un peu déjantée et moins bruyante que beaucoup. Samedi dernier Eric et moi sommes allés l’explorer et nous sommes tombés sous son charme une fois de plus. Il y a une dizaine d’années, nous l’avions visitée un soir d’hiver sous la pluie. Les canaux et les péniches m’avaient apparu un peu débraillés, comme apres un lendemain de fête. Les rues étrangement silencieuses, exceptés pour le passage excité de quelques piétons ou cyclistes, avaient remis en question ma notion que les grandes villes doivent être bruyantes et épuisantes. Cette fois-ci, Amsterdam était pleine de vie, de gens faisant des courses ou du tourisme. Nous sommes arrivés à la Gare Centrale, un monument de briques rouges magnifique qui pourrait rivaliser le Musée d’Orsay dans son genre. Sur la grande rue, Damrak, nous avons déjeuné dans un grill argentin, le premier trouvé. Hors il est apparu qu’il existe des grills argentins pratiquement à chaque coin de rue. Ensuite nous nous sommes dirigés vers la grande place :le Dam. Une foire foraine cachait partiellement le Palais Royal. Etant née enfant de la république, j’ai trouvé ça plutôt sympa. Amsterdam ne se prend pas trop au sérieux, comprend les complexités de la nature humaine et ainsi cultive la tolérance. Cela rend ainsi le lèche-vitrines beaucoup plus intéressant : près d’un magasin vendant des costumes à la coupe anglaise impeccable se trouve un sex-shop, et la vitrine affichant un menu incroyable de graines de cannabis côtoie sans problèmes celle qui vante une grande variété de broderies et écheveaux. Et partout on peut apprécier les mêmes clichés : les canaux, les bicyclettes. Nous avons trouvé un marché de bulbes et de fleurs au choix extraordinaire le long d’un canal. Mais le marché aux puces, rencontré en fin d’après-midi, était en train de remballer. Malgré son charme presque désuet, Amsterdam est aussi très cosmopolite. Ainsi avons-nous acheté des livres anglais à l’American Book Center, après avoir rassuré la vendeuse qu’ Eric votait bien dans les élections américaines. Et nous n’avons même pas essayé de résister à la tentation lorsque nous sommes passés près d’une chocolaterie italienne : Puccini. Et fort heureusement, car leurs chocolats, au poivre et à la liqueur, étaient extraordinaires. Ensuite nous nous sommes trouvés par hasard dans une rue chinoise où nous avons dégusté, quoi d’autre, une pizza, d’ailleurs tout à fait convenable, en écoutant les discours inintelligibles et bruyants de jeunes hommes hollandais. Nous sommes rentrés, fatigués, ayant jute commencé à explorer Amsterdam. Mais Amersfoort n’est qu’à une demi-heure par train et Eric parle souvent avec une petite lueur dans les yeux des « coffee shops » d’Amsterdam.


Retour au Centre de Soi-Même.

La vie s’exprime dans le mouvement et pourtant nous résistons souvent ce flot naturel. Les complexités créées par notre façon de vivre « civilisée » nous enlisent souvent dans la confusion. Et pourtant avoir l’esprit en paix est remarquablement simple : Il suffit de savoir lâcher prise et de retourner vers la joie de vivre qui est le droit naturel de tout enfant (y compris l’enfant intérieur de l’adulte). Au-delà des demandes opprimantes de l’intellect, se trouvent la voix de la sagesse et le pouvoir mystérieux de la création. Seuls les sentiments nous aiguillent avec certitude, de leur pouvoir mercuriel, vers le bonheur, la plénitude et l’extase. (Et il ne s’agit pas là de paradis artificiels, quels qu’ils soient : drogue, religion, ou autres dépendances, bien qu’on puisse parfois les utiliser en chemin). La vie est simple et fiable dans sa complexité glorieuse : Ne pas se battre contre le courant, mais au contraire apprécier ses changements; ne pas juger, mais aimer plutôt la variété de son expression. Etre triste ou en colère si c’est inévitable, mais apprendre à retourner rapidement au Centre de son Etre et de sa joie inépuisable.



15/10/2008

Mais ou sont passees les bicyclettes?



Mais où sont passées les bicyclettes ? Vers les huit heures du matin, lundi, j’ai réalisé, en ouvrant les rideaux du salon, que les vacances scolaires étaient arrivées. Depuis le mois d’août, les matins vibrent des cris des enfants qui vont à l’école à bicyclette. Des groupes de gamins de tous les âges pédalent nonchalamment en discutant et riant. Ici, la bicyclette est un moyen vital de transport. Les adultes utilisent leurs bicyclettes pour aller au travail ou faire des courses. Je vois souvent des parents à bicyclette avec un petit assis à l’avant sur un siège spécial près du guidon et un autre enfant sur le siège arrière. Parfois une poussette pliante est même attachée en sus ! Les mères gardent une main protectrice sur leur très jeune progéniture à vélo alors qu’elles naviguent les rues et les carrefours. D’après un site Internet, il y aurait 18000 kilomètres de voies cyclables aux Pays-Bas et les 15 millions de néerlandais posséderaient 12 millions de bicyclettes. Et contrairement aux français, ils observent consciencieusement le code de la route. Ils ont même des feux de signalisation sur les voies cyclables. Un automobiliste (ou un piéton) doit faire attention aux cyclistes à tout moment.

Le danger pour moi n’était pas un autre cycliste ou automobiliste, mais ma propre maladresse. A notre première sortie à vélo, je me suis retrouvée dans un buisson épineux (ne me demandez pas comment !). Alors qu’Eric essayait de retirer une épine particulièrement récalcitrante, j’en ai conclu que nous sommes tous deux loin de devenir hollandais : Lui-même avait dû retourner à pied car la chaîne de sa bicyclette s’était cassée. Mieux vaut en rire…


LE RIRE LIBERE L’AME.


Pour une histoire drole d'une blonde a bicyclette, cliquer sur ce lien (non, non, je suis vraiment brune!):
http://phortail.org/blagues/publication-98.html

14/10/2008

L'Esprit de la Terre


Les lois qui gouvernent notre univers sont-elles véritablement immuables ? C’est une proposition que le biologiste Rupert Sheldrake remet en question. Il propose une théorie selon laquelle ces lois seraient des structures et des habitudes qui évoluent dans le temps. La philosophie matérialiste nous a convaincu que la conscience émerge à partir des processus physiques et est emprisonnée dans notre crâne. Et si ce n’était là qu’une vision simpliste, héritée du passé et tout aussi naïve que la vision d’une terre plate, autrement dit une habitude de pensée ? Et si la conscience devançait l’univers physique ? Et si ce même univers était le reflet de cette conscience ?



Quand nous sommes arrivés ici, la pluie et d’épais nuages nous ont accompagnés pendant des jours. Les Pays-Bas ne sont pas, bien-sûr, connus pour leur ensoleillement. Et j’ai dû me mettre à l’évidence que le temps était en fait un parfait reflet de mon état d’esprit : Laisser à des étrangers cette maison que nous avions décorée avec amour, ce jardin dont l’esprit vivra sans doute inconnu dans la « medicine wheel » du grand chêne désormais abandonné me faisait de la peine. Mais surtout, j’avais du mal à laisser derrière ce cocon de relations chaleureuses que nous avions tissé pendant plus de cinq ans dans ce voisinage. Je pleurais encore dans mon âme la perte de voisins qui étaient devenus de vrais amis. Je pensais pourtant que j’étais prête pour une nouvelle aventure, mais j’avais besoin de temps. Et puis un jour le soleil est revenu illuminer notre vie. Moi-même, je me sentais différente. L’été indien était arrivé.

Il y a dix ans, quand nous sommes arrivés en France, à ma grande surprise, nous avions été accueillis par un soleil qui brilla pendant des semaines. Les fleurs printanières, en grande abondance dans cette riche terre de l’île de France, étaient sublimes. J’avais l’impression que l’esprit de la terre lui-même nous accueillait à bras ouverts. Aujourd’hui, je contemple la brillance des couleurs automnales et le fait que ce pays de canaux et de terres « volées » à la mer, a été transformé par des siècles de travail acharné de la part des hommes. Et pourtant malgré mes préoccupations concernant le réchauffement de la terre, je sens que l’esprit de cette terre est ici bien vivant, alliant nature et humanité. Nous avons le pouvoir de transformer notre environnement de façon radicale. N’est-il pas temps que comprenions le pouvoir de notre conscience et que nous reconnaissions notre connexion intime avec le monde qui existe au-delà de notre crâne ?


Pour voir un entretien entre Andrew Cohen, editeur du magazine "What Is Enlightenment" et Dr. Rupert Sheldrake, en anglais, sur YouTube, cliquer sur ce lien: http://www.youtube.com/watch?ecp=tat=100808&v=oWebdtU1XdA







09/10/2008

Perspectives d'Amersfoort























"Le progres, en terme d'humanite, est l'etablissement d'une vie authentique dont on puisse apprecier la beaute. C'est la lutte perpetuelle pour eleminer les obstacles qui oppriment la vie et sa beaute" Piet Mondriaan."

Piet Mondriaan, ne a Amersfoort, poursuivit sa carriere artistique a Paris. Il avait quitte les Pays-Bas qu'il jugeait artistiquement arriere. « Si nous ne pouvons nous libérer nous-mêmes, nous pouvons libérer notre vision. » a-t-il ecrit en 1941 d'apres Wikipedia .




07/10/2008

Nouvelles Perspectives

Le premier jour, de la fenêtre de mon bureau, j’ai vu passer CINQ CYGNES sur le canal : deux blancs et trois gris. Je ne les ai pas revus ensemble depuis.
Je suis très sensible aux signes de la nature. Le matin de notre arrivée en France, il y a plus de dix ans, j’avais vu passer deux grues au-dessus de la ville et je leur avais demandé où trouver une maison. «Au sud» avait-été la réponse tout au fond de mes pensées. Nous avions trouvé une demeure au sud de la ville et effectivement nous nous y sentions chez nous. Cinq ans plus tard, nous avions acheté une maison et allions la visiter à nouveau pour nous assurer que nous avions fait une bonne affaire. Une grue apparut soudain au-dessus de l’autoroute et descendit vers la voiture en geste d’assurance. Après avoir emménagé, j’ai réalisé que, de ma fenêtre, je voyais une enseigne en fer forgé disant : «Welcome », bienvenue en anglais. Nos voisins sont devenus de très chers amis. Un matin, dans le Massachusetts, où nous habitions pendant huit mois, treize colombes sont apparues sur notre terrasse. J’ai connu beaucoup de synchronicité dans les mois qui suivirent. Et le matin de notre départ vers Damanhur, en Italie, pour visiter les Temples de l ‘Humanité, nous avions remarqué sept grues dans un champs. Damanhur est une communauté extraordinaire qui explore de nouvelles façons de vivre en harmonie avec la terre et le cosmos.
Chiffres magiques, signes, ces superstitions simplistes n’ont sûrement pas de place dans un monde cartésien, peut-on penser raisonnablement. Et pourtant dans l’âme et le cœur d’un poète, ils parlent de traditions anciennes qui ont guidé l’humanité pendant des millénaires. Cette sagesse ancestrale est capable de transformer notre monde moderne et de lui rendre la vie.


ERIC est parti pour Amersfoort à la fin de juillet après avoir trouvé un travail et quelques semaines plus tard, j’ai moi-même déménagé. Aller d’une maison à un petit appartement a naturellement posé quelques difficultés. Nous avons fait l’aller et retour pendant plusieurs week-ends pour finir de déménager et à fin de nettoyer la maison pour les nouveaux propriétaires. Nous sommes encore au milieu des cartons ici et nous nous débattons encore dans les démarches administratives. Mais nous prenons cependant un peu de temps pour explorer notre nouveau pays. Amersfoort, une très belle ville médiévale, est aussi très moderne, et le quartier où nous habitons, Kattenbroek, a une renommée mondiale pour son architecture innovante. J’ai l’intention dans ce blog de partager quelques impressions sur notre nouveau pays, et de relater nos efforts parfois hilarants pour apprendre les infinies nuances, d’une bureaucratie (presque) aussi kafkaïenne que celle en France, d’un nouveau langage et du peuple néerlandais.