Dimanche matin, j’ai tout de suite su que quelque chose de merveilleux allait arriver. Je me trouve souvent à regarder les infos au bon moment pour voir un événement important se dérouler « en live » : La chute du mur de Berlin à la Deutsche Welle ; et celle de la statue de Saddam Hussein à Baghdad à la BBC ; le discours de victoire d’Obama sur CNN… Et maintenant l’arrivée de Sinterklaas et de son fidèle serviteur Zwarte Piet au port d’Almere, près d’Amsterdam sur Nederland 1 TV. D’accord, d’accord, apparemment, cela arrive tous les ans, mais quand même ! Donc, j’ai regardé avec bonheur la foule d’enfants à l’attente le long du port, les interviews des pêcheurs qui revenaient sans avoir rien vu, et finalement l’arrivée du rafiot à vapeur, avec à bord, le saint majestueux dans son habit rouge et doré d’évêque, et ses aides noirs aux habits colorés qui saluaient la foule joyeusement, le malheureux délai du bateau lorsqu’il s’est enlisé sur une barre de sable, la panique qui s’est déclenchée par peur pour le chargement de cadeaux, et finalement l’arrivée triomphale et la procession du saint à cheval à travers des rues pleines d’enfants. Je pourrais facilement prétendre que je faisais de la recherche anthropologique, et que c’était là une opportunité unique d’observer la culture néerlandaise qui a une telle affection pour ses enfants. Mais la gamine que je suis encore dans mon for intérieur, criait avec les autres enfants : « hurrah ! ».
Est-ce que nous enseignons à nos enfants que la vie est magique et qu' ensuite nous nous empressons malheureusement de l’oublier ?
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